Allaitement et tabac

Allaitement et tabac
 

Je fume, est-ce nocif pour le bébé si je l'allaite ?
L'allaitement maternel :
C'est ce qu'il y a de mieux eux à offrir
au nouveau-né et au nourrisson.
L'alimentation au lait industriel n'est qu'un pis-aller !

 

 - Ne pas allaiter le bébé, renforce les risques d'infections ORL et de mort subite :

L'allaitement prévient les pathologies respiratoires pendant la première année de vie, et cette protection est encore plus importante pour les enfants de mère tabagique que pour les enfants de mère non tabagique.

Les jeunes mères fumeuses :

       - ont en général des difficultés pour commencer l'allaitement,
       - allaitent moins longtemps que les mères non fumeuses,
       - pensent que le tabac est une contre indication à l'allaitement.

Lorsqu'elles ont arrêté de fumer pendant la grossesse, elles souhaitent ne pas allaiter ou allaiter peu de temps pour pouvoir recommencer à fumer.

Les femmes ont une capacité importante à arrêter ou à diminuer le tabac, pendant la grossesse.. Elles peuvent ainsi faire bénéficier leur nouveau-né de l'aliment le plus adapté pour lui : le lait maternel !

 - Composition du lait des mères fumeuses :

le contenu calorique du lait n'est pas modifié chez les mères tabagiques, mais sa quantité est réduite

Chez les femmes grandes fumeuses, on retrouve un taux lacté plus élevé de cadmium, de nitrates, de nitrites, de plomb et d'insecticides ; le lait maternel, comme le lait animal, est victime de la pollution. Mais, dans une certaine mesure, la mère peut avoir un contrôle sur la pollution de son lait (alimentation saine, apport hydrique suffisant, diminution ou arrêt du tabac...), alors qu'elle n'a aucun moyen de contrôle sur la contamination du lait industriel fabriqué à partir du lait de vache.

 - Tabagisme et goût du lait maternel :

Les enfants de mères fumeuses sont plus prédisposés à fumer à l'adolescence que les enfants de mères non fumeuses. En effet le goût spécifique du tabac est transmis de la mère à l'enfant par le biais du liquide amniotique, puis par celui du lait maternel, ce qui par la suite pourrait entraîner chez le jeune adolescent le désir de fumer.

Le lait maternel change de goût et d'odeur en fonction des cigarettes fumées. L'enfant expérimente ainsi de façon précoce le goût du tabac ; une telle expérience précoce peut rendre ce goût nettement plus attrayant, et donc favoriser la dépendance au tabac plus tard dans la vie.

Cela ne veut pas du tout dire que les mères qui fument ne doivent pas allaiter, mais c'est un argument supplémentaire pour recommander d'éviter de fumer.

 

En conclusion, il faut savoir que
lorsque la mère fume, les enfants
qui ne sont pas allaités sont en moins bonne santé que les enfants allaités



Pourquoi la cigarette electronique n'est pas recommandée ?

 - L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament ANSM (ex AFSSAPS), recommande de ne pas consommer de cigarette électronique :

[...]
La cigarette électronique reproduit la forme d'une cigarette classique.
La partie "tabac" présente à son extrémité une diode simulant visuellement la combustion, et à l'autre extrémité une résistance qui plonge dans la partie "filtre".
Des flacons de "e-liquides"1 permettent de recharger la cartouche usagée. Lors de l'aspiration, la solution présente dans la cartouche s'échauffe et la vapeur produite est inhalée par l'utilisateur.

L'Afssaps a mené une évaluation pour déterminer le statut des cigarettes électroniques notamment selon l'objectif revendiqué et la concentration en nicotine contenue dans les cartouches.
Les cigarettes électroniques et leurs recharges répondent à la règlementation du médicament lorsqu'elles répondent à au moins l'un des critères suivants :

       - si elles revendiquent l'aide au sevrage tabagique ;
       - ou que la quantité de nicotine contenue dans la cartouche est supérieure ou égale à 10 mg ;
       - ou que la solution de recharge "e-liquide" a une concentration de nicotine supérieure ou égale à 20 mg/ml.[...]

L'Afssaps rappelle aussi que la nicotine est classée substance "très dangereuse" par l'OMS et que la réglementation du médicament encadre l'utilisation de produits de substitution nicotinique avec une exposition à la nicotine limitée et contrôlée.

Même lorsqu'ils sont limités à 2%, les e-liquides peuvent contenir des quantités de nicotine susceptibles d'entraîner une exposition cutanée ou orale accidentelle, avec des effets indésirables graves, notamment chez les enfants.[...]
L'Afssaps recommande donc de ne pas consommer ce type de produit.

1 - Les solutions de "e-liquides" sont composées de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes et éventuellement de nicotine

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Campagne d'information 2009 

 - J’allaite ! que je sois fumeuse ou non-fumeuse  

Pour beaucoup de femmes fumeuses, la cigarette est un frein majeur à l'allaitement, pensant que leur lait n'est «pas bon» pour leur enfant. Elles s'interdisent d'elles mêmes l'allaitement, privant du même coup leur bébé du meilleur apport nutritionnel qui soit pour son développement. La bonne attitude consiste alors à informer les mamans que le tabagisme maternel n'est pas une contre-indication à l'allaitement maternel et à les accompagner dans leur désir d'allaitement, un moment privilégié pour le début d'une prise de conscience conduisant vers le sevrage tabagique. Favoriser l'allaitement maternel d'une mère fumeuse constitue donc un projet d'envergure qui nécessite une cohésion parfaite des équipes soignantes dans les maternités. Le rôle d'écoute et d'accompagnement des sages-femmes y est primordial.

Pour les aider dans leur tâche d'information, la société Family Service, les associations de prévention APPRI-Maternité sans tabac et l'Association nationale des sages-femmes tabacologues françaises, ont réalisé une campagne d'information et de sensibilisation: «J'allaite! que je sois fumeuse ou non-fumeuse». Cette campagne, soutenue par le ministère de la Santé, est financée par Family Service, la CRAM et l'URCAM pour la région Nord Pas-de-Calais . Elle est menée via 4000 affiches de sensibilisation distribuées aux maternités françaises, PMI, gynécologues-obstétriciens et sages-femmes libérales pour accompagner les mamans fumeuses dans leur désir d'allaitement.

Sur ces affiches, 2 messages:

«Pour arrêter totalement la cigarette, que je sois enceinte ou allaitante, je peux bénéficier d'un traitement nicotinique substitutif»;

«N'hésitez pas à vous rapprocher d'une sage- femme tabacologue qui vous aidera à en finir définitivement avec la cigarette.»

Pour les 25000 futures mères du Nord Pas-de-calais, s'y ajoute un dépliant de 8 pages avec une double entrée: «Cigarettes et allaitement» et «Allaitement et cigarettes». La jeune mère peut y lire qu'à tout moment, il est possible pour une femme enceinte ou désirant allaiter d'en finir avec la cigarette. Une sage-femme lui prescrira une aide au sevrage tabagique, de préférence un substitut nicotinique de forme orale (gommes, pastilles, comprimés). Il est capital que la maman poursuive son sevrage et augmente ses chances de se passer de cigarettes. En effet, en période d'allaitement, un échec du sevrage tabagique entraîne souvent l'arrêt précoce de l'allaitement. Pour les auteurs de ces initiatives, ces outils de communication n'ont de sens et d'impact que parce que dans les maternités le corps médical et les équipes qui entourent les futures et jeunes mamans pendant la grossesse relayent l'information et la communication.

Source : Intitut National de Prévention et d'Education en Santé
- Tabac actualités n°100 - août 2009

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