Pesticides et grossesse

Des traces de pesticides dans les urines

Si aujourd'hui, les pesticides sont essentiellement utilisés par le secteur agricole, ils sont également présents dans certains produits à usages professionnels (entretien des routes, voies ferrées, parcs, sites industriels) et à usage domestique (traitement des jardins et des maisons).

Une fois déposées dans notre environnement, les molécules de pesticides se déplacent et se dégradent en quelques heures, semaines ou mois. Toutefois, de nombreuses enquêtes font état régulièrement ou ponctuellement de traces de pesticides et de leurs produits de dégradation dans notre environnement : sol, air, eau des rivières, eau du robinet, air intérieur...

A partir de l'analyse de 600 prélèvements recueillis en début de grossesse dans l'étude Pélagie, des traces de pesticides ont été décelées dans les urines.

Deux classes de pesticides «potentiellement toxiques pour la reproduction et le développement neuropsychologique» ont fait l'objet de recherches dans les urines de 600 femmes enceintes participantes : les herbicides de la famille des triazines (atrazine et simazine) et les insecticides organophosphorés.

Les résultats de l'étude Pélagie mettent en évidence de rares traces d'exposition à l'atrazine et à la simazine et, plus fréquemment, la présence de leurs formes dégradées dans les urines. Ces deux herbicides utilisés dans la culture du maïs sont interdits en France depuis fin 2003. Toutefois, leurs produits de dégradation se déplacent dans les eaux et sont encore présents dans l'environnement. Dans le monde, l'atrazine est encore actuellement un des herbicides les plus utilisés.

Des traces d'insecticides organophosphorés, et notamment de certaines formes dégradées, sont retrouvées chez la majorité des femmes. Bien que certains d'entre eux soient interdits aujourd'hui, d'autres sont utilisés sur diverses cultures et sont contenus dans quelques produits domestiques.

Les niveaux de pesticides mesurés dans l'étude Pélagie sont inférieurs à ceux mesurés chez des femmes enceintes récemment aux Pays-Bas et aux Etats-Unis.

A l'heure actuelle, nous ne connaissons pas les conséquences de ces niveaux faibles de pesticides sur la santé des enfants. C'est pourquoi la poursuite de l'étude Pélagie, et notamment le suivi des enfants à 6 ans, est particulièrement importante pour répondre à ces questions.

Source : Lettre d'information sur l'étude PELAGIE - juin 2008

 

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