Folates et désir de grossesse

Source : Les essentiels de l'INPES, Folates et désir de grossesse

Pourquoi une supplémentation
systématique en folates ?

Les anomalies de fermeture du tube neural (AFTN) ont été clairement associées à un déficit en acide folique (appelé aussi «folates» ou «vitamine B9»). Pour prévenir ces malformations, une prescription systématique de folates, en une prise quotidienne de 400 microgrammes et ce jusqu'à la 12e semaine d'aménorrhée, est recommandée(1), dès que la femme a un souhait de grossesse, par ex. lors d'une consultation avant la grossesse.

 En effet, pour être efficace, cette supplémentation doit débuter plusieurs semaines avant la conception.

Le médecin généraliste, le gynécologue, la sage-femme doivent relayer largement auprès des femmes en âge de procréer cette recommandation encore insuffisamment connue. Ils doivent prescrire systématiquement une supplémentation aux femmes en désir de grossesse, tout en conseillant une alimentation conforme aux repères du Programme national nutrition santé (PNNS).

 

DES REPERES POUR VOS CONSULTATIONS

Quand en parler ?
Quand proposer une supplémentation ?

La difficulté de la mise en oeuvre de cette prescription réside dans
le fait qu'elle doit débuter avant même que la femme soit enceinte.

Dans cet objectif, le traitement doit être commencé, de façon systématique, pour toutes les femmes, dès que la décision d'avoir un enfant est prise et, chaque fois que possible, avant l'arrêt de la contraception.
En disposant l'affiche et les dépliants de l'Inpes : « Vous avez un projet de bébé ? Pensez dès maintenant à la vitamine B9 »en salle d'attente, vous pouvez ainsi informer les femmes et les inciter à vous parler de leur projet de grossesse.
Pensez, de façon régulière, à interroger les femmes sur un éventuel projet de grossesse. Dès lors que la femme vous questionne sur son projet de grossesse ou dès qu'elle envisage l'arrêt de sa contraception habituelle, prescrivez cette supplémentation. Par ailleurs, conseillez, en vous appuyant sur le dépliant, une alimentation conforme au PNNS.
 

L'acide folique, comment ça marche ?

L'acide folique intervient dans la division cellulaire. Un déficit lors de la phase décisive du développement du système nerveux embryonnaire, entre le 14e et le 30e jour de grossesse, peut se traduire par des malformations graves du système nerveux.
La prise d'acide folique n'est pas efficace à 100 % mais réduit le risque de défaut de fermeture du tube neural dans près de deux tiers des cas(2).
 

Les apports en folates par l'alimentation ne pourraient-ils pas suffire ?

Une alimentation conforme aux repères du PNNS, notamment suffisamment riche en fruits et légumes (voir dépliant Vous avez
un projet de bébé ? Pensez dès maintenant à la vitamine B9) pourrait suffire. Cependant, cette alimentation n'étant pas suivie par toute la population, une supplémentation médicamenteuse systématique est préférable pour plus de sécurité. 

Quelle prescription ?

Dès lors que la femme a un souhait de grossesse, et au moins 4 semaines avant la conception, prescrire de l'acide folique en une prise quotidienne et ce, jusqu'à la 12e semaine d'aménorrhée :
acide folique 0,4 mg : 1 comprimé/jour (remboursement SS à 65 %).
Pour les femmes ayant un risque élevé, c'est-à-dire celles présentant un antécédent de foetus ou de nouveau-né atteint de AFTN (risque multiplié par 10) et celles qui sont traitées par certains médicaments antiépileptiques (pouvant induire des carences en folates), une supplémentation en acide folique plus élevée est recommandée : acide folique 5 mg : 1 comprimé/jour (remboursement SS à 65 %). 

Y a-t-il des risques à prendre de l'acide folique ?

Aucun effet indésirable pour la mère ni pour le bébé n'a été rapporté. Une méta-analyse Cochrane(3) de 2010 est tout à fait rassurante quant à la prise d'acide folique en prévention des AFTN.
De plus, l'acide folique est très bien toléré aux doses prescrites.

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