Vos questions sur Grossesse Sereine

Dans l'attente de l'avis de votre médecin, mais aussi au cours d'un traitement bien établi, chacun dispose d'une marge de manœuvre pour se soulager. Il est possible d'utiliser quelques médicaments, de demander conseil à votre entourage, à une infirmière ou à votre pharmacien. Cependant, se soigner soi-même n'est pas facile et dans certains cas cela peut avoir des inconvénients. Les conseils qui suivent sont importants pour votre santé.Source : Ministère de la Santé - extrait du dossier sur la douleur : "se soigner soi-même"

Source : DGS - 8, ave Ségur - 75007 PARIS - Rédaction : 01/12/1998 - Se soulager sans médicament
 

Pour calmer certaines douleurs, il est possible d'avoir recours à des moyens non médicamenteux : la recherche de meilleures positions, le repos, la relaxation, les massages et/ou la rééducation sont souvent utiles. Demandez conseil à votre médecin traitant.

- Automédication

On désigne par le terme "automédication" le fait de prendre des médicaments sans avis médical direct. Par exemple, prendre un cachet d'aspirine lorsque l'on a mal à la tête. L'automédication est très fréquente, a beaucoup d'avantages (on ne demande pas une consultation pour toutes les douleurs que l'on éprouve au cours de sa vie) mais peut aussi avoir des inconvénients qu'il faut connaître.

- Quels médicaments utiliser ?
Contre la douleur, il existe plusieurs sortes de médicaments disponibles sans ordonnance. Avant de les utiliser, connaissez leur bon usage ("un médicament, ça ne se prend pas à la légère" à lire ci-desoous).
 
Parmi les médicaments les plus couramment utilisés sans ordonnance, citons l'Aspirine et le Paracétamol.
 
- Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?
Nous donnons ici deux exemples d'erreurs à ne pas commettre si vous prenez des médicaments sans avis médical.
 
Exemple N° 1 : un mal de tête source d'erreur
Vous avez eu récemment une maladie cardiaque et vous prenez régulièrement un médicament anticoagulant (fluidifiant le sang). Si vous avez mal à la tête, prendre de l'aspirine serait une erreur potentiellement dangereuse. Les associations de médicaments peuvent être source d'effets secondaires. Pensez à demander à votre pharmacien et à votre médecin si un nouveau médicament est compatible avec votre traitement habituel.
 
Exemple N° 2 : le mauvais conseil de votre beau-père
Vous souffrez d'un mal de dos et vous utilisez un médicament que vous propose votre beau-père. Chez lui, ce comprimé le soulage rapidement et efficacement. Hélas, vous êtes victime d'un malaise et d'une éruption cutanée. En effet, sans le savoir vous avez pris un médicament auquel vous êtes allergique. Un médicament efficace chez une personne peut s'avérer inefficace voire même dangereux chez une autre.
 
- Un médicament, ça ne se prend pas à la légère

- Indiquez à votre médecin et à votre pharmacien les médicaments que vous prenez habituellement
- Signalez-lui les médicaments auxquels vous êtes allergique
- Respectez précisément le traitement prescrit : la durée et la posologie indiquées sont adaptées à votre cas.
- Ne rajoutez pas de vous-même un médicament, car il y a des mélanges risqués
- Ne reprenez pas, sans avis médical, un médicament prescrit auparavant. Ce qui était bon pour vous hier, ne l'est plus forcément aujourd'hui.
- Un traitement prescrit pour vous peut être dangereux pour une autre personne.

N'hésitez pas à demander des précisions à votre médecin. Votre pharmacien connaît bien les médicaments, n'hésitez pas à lui poser des questions.

- A qui s'adresser ?

Toute douleur sous-entend deux problèmes différents : celui de sa cause (le diagnostic) et celui de sa prise en charge (le traitement). En cas de douleur, chacun doit pouvoir bénéficier d'un diagnostic aboutissant à un traitement efficace et personnalisé. Les professions de santé sont les mieux placées pour établir un diagnostic d'une part et proposer un traitement de l'autre.

L'ensemble des professions de santé est de bon conseil pour vous aider en cas de douleur. Médecins, pharmaciens ou infirmiers vous répondront en fonction de leur compétence, de leur rôle et de leur disponibilité. Suivant l'intensité, l'urgence ou la gravité de votre douleur, la mission de ces professionnels diffère.

Peuvent ainsi vous orienter :

- Médecin généraliste
Votre médecin généraliste est le professionnel de santé qui vous connaît le mieux. Il vous suit régulièrement, il connaît votre dossier (notamment l'ensemble des documents importants pour votre santé : examens biologiques, radiologiques, traitements antérieurs ou en cours).
 
Votre médecin généraliste est le mieux placé pour vous aider. Il vous écoutera, vous examinera, évaluera votre douleur et pourra la comprendre en fonction de votre état de santé et de vos antécédents. Si nécessaire, votre médecin pourra demander les examens qui permettront de mieux étudier votre douleur (nouvelle, ou bien chronique). Il connaît les médicaments qui vous conviennent et ceux qui pourraient être dangereux pour vous.
 
Il vous proposera des moyens pour soulager votre douleur et lors d'une prochaine consultation il évaluera son évolution (disparition, intensité, persistance ou aggravation).
 
Dans la plupart des cas, votre médecin traitant trouvera une réponse adaptée à votre douleur.
 
- Médecin de garde et/ou d'urgence
En l'absence de votre médecin généraliste ou sur son conseil, vous pouvez être amené à demander l'aide du médecin de garde et/ou d'urgence.
 
Sur votre appel, le médecin de garde se déplacera à votre domicile. Sans vous connaître aussi bien que votre médecin traitant, il vous apportera l'aide que vous attendez. En particulier, il appréciera le degré de l'urgence et décidera si il est nécessaire d'envisager la mise en œuvre d'autres moyens (avis de spécialistes, hospitalisation).
 
- Pharmacien
Le pharmacien vous délivre les médicaments prescrits par votre médecin pour soulager votre douleur. Il vous précise les doses, les horaires et la fréquence des prises. Il vérifie les associations avec tous les médicaments que vous prenez. Il vous explique les effets éventuellement indésirables de certains médicaments (constipation, nausées, sécheresse de bouche, somnolence...). Il est important que vous en soyez prévenu.
 
Le pharmacien a un rôle de conseil, en particulier si vous prenez un médicament de votre propre chef (automédication). Il peut également vous proposer un médicament délivré sans ordonnance (aspirine ou paracétamol par exemple).
 
- Infirmier
Dans la prise en charge des douleurs chroniques, l'expérience et le rôle du personnel infirmier sont très précieux.
 
A l'hôpital ou en clinique :
Les infirmières qui exercent dans les établissements de santé (publics ou privés) ont un rôle essentiel. Elles sont confrontées en permanence à la douleur et à la souffrance des patients.
 
Grâce à leur écoute attentive, elles sont en première ligne dans la lutte contre la douleur.
 
Elles évaluent l'intensité de la douleur et de ses répercussions. L'équipe soignante est là pour écouter et vous aider. Si vous avez mal, prévenez l'infirmière et/ou le médecin qui vous proposeront les moyens les plus adaptés à votre cas (pour des conseils plus détaillés sur le dialogue entre l'équipe soignante et vous-même voir la rubrique "votre participation est essentielle")
 
Au cabinet infirmier, en maison de retraite ou à votre domicile :
Les infirmières vous aident en collaboration avec votre médecin dont elles appliquent les prescriptions. Elles vous donnent les conseils appropriés au soulagement de votre douleur. Elles sont à votre écoute.
Exemple : Les soins d'escarres (plaies cutanées de cicatrisation difficile) et les pansements peuvent être réalisés en prévenant la douleur (notamment grâce à la prise en charge d'un antalgique une demi heure avant les soins). La mobilisation, un brancardage, un déplacement en ambulance ou un examen radiologique réalisé sur un table inconfortable peuvent entraîner des douleurs qui peuvent être également prévenues.
 
- Kinésithérapeute
Le kinésithérapeute peut vous aider à traiter votre douleur. Il met en œuvre les traitements physiques et kinésithérapeutiques que votre médecin vous a prescrits. Il peut vous apprendre des techniques simples de massage, utiles pour vous soulager. Il peut également vous apprendre certains mouvements ou exercices à exécuter à votre domicile.
 
Il vous donne des conseils d'attitudes ou de postures (par exemple très utiles pour lutter contre les douleurs chroniques du dos).
N'hésitez pas à lui demander conseil.
Exemple : Les douleurs musculaires ou articulaires peuvent être soulagées par des massages sur la région douloureuse. Des méthodes physiques comme l'application de chaud ou de froid, ou l'utilisation de techniques de stimulation électrique, peuvent être indiquées
 

- Médecin spécialiste
Vous pouvez être amené sur le conseil de votre médecin généraliste à consulter un médecin spécialiste.

En fonction de l'importance et de la cause de votre douleur, celui-ci peut vous prendre en charge directement ou bien vous ré-adresser vers votre généraliste.

Dans tous les cas, il prendra contact avec votre médecin généraliste, pour lui faire part de son avis et éventuellement lui proposer un traitement.
Exemple : une sciatique rebelle peut nécessiter la prise en charge par un spécialiste (rhumatologue par exemple) et un traitement spécialisé (par exemple corset orthopédique, infiltration, ou, rarement, intervention chirurgicale).
 

- Structures identifiées dans la prise en charge de la douleur
Il existe en France des structures prenant en charge la douleur. Pour connaître leur utilité et leurs adresses, lisez les informations ci-dessous. Attention, toutes les douleurs ne relèvent pas de cette type de prise en charge.
 
Quand y recourir ?
Les "structures anti-douleur" reçoivent les patients généralement adressés par le médecin généraliste ou le spécialiste.
 
Pour quel type de douleur ?
Les structures identifiées dans la lutte contre la douleur prennent en charge les douleurs chroniques rebelles (des douleurs qui ont résisté aux traitements antérieurs) et qui évoluent depuis 3 à 6 mois environ. Il s'agit de douleurs qui retentissent sur la vie quotidienne et deviennent très invalidantes (dans le langage courant, on dit "qu'elles rendent la vie impossible").
La prise en charge de ces douleurs nécessite la collaboration de plusieurs spécialistes de discipline différente.
 
En quoi consiste une "structure anti-douleur" ?
Une "structure anti-douleur" repose sur la notion de travail d'équipe. Plusieurs spécialistes différents (internistes, anesthésistes, psychiatres, psychologues, pédiatres, neurologues, rhumatologues, infirmières, kinésithérapeutes) chercheront ensemble les meilleurs moyens pour vous soulager. L'équipe médicale est composée d'au moins trois médecins.Ces structures répondent à des critères bien précis.
 
Il existe trois types de structures : consultation, unité et centre.
Toutes ces structures ont une activité de consultation, certaines possèdent des lits d'hospitalisation et sont appelées "unité", celles qui ont une activité d'enseignement et de recherche sont appelées "centres".
 
Attention : ce que ne sont pas les structures
Ces structures ne prennent pas en charge toutes les douleurs. Par exemple les douleurs aigues provoquées par une crise d'appendicite, un infarctus du myocarde, une hémorragie cérébrale ou une fracture de jambe doivent être prises en charge par d'autres équipes soignantes (votre médecin, les services d'urgence, les services de chirurgie, de cardiologie, de chirurgie, etc...).
Cette différence rappelle que toute douleur doit faire l'objet d'un diagnostic (recherche de la cause). Sans diagnostic, il ne peut pas y avoir de bonne prise en charge de la douleur.
 
- Peut-on prendre des médicaments sans avis médical ?
- Certains médicaments peuvent être utilisés sans prescription médicale. Ils sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Si vous prenez ces médicaments de votre propre initiative, n'hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.
 
Attention, un traitement qui a réussi à une autre personne ne vous convient pas forcément et peut même s'avérer dangereux pour vous. Là encore, toutes les professionnels de santé peuvent vous aider à éviter soit des traitements inutiles, soit des traitements dangereux.
 
- Comment participer à l'amélioration de la prise en charge de la douleur ?

- Votre participation est essentielle

Tout le monde ne réagit pas de la même façon à la douleur : personne ne peut se mettre à votre place.

Une bonne prise en charge de la douleur implique une bonne communication entre la personne qui souffre, son médecin traitant et l'ensemble de l'équipe soignante. Il est important que la personne qui souffre puisse s'exprimer, dire qu'elle a mal, se faire entendre.

Il faut préciser quand survient la douleur. Expliquer la partie du corps qui souffre et à quoi ressemble la douleur ("battements", "oppressions", "coups de poignard", "brûlures", "crampes", "piqûres", etc...). Il est normal de dire que l'on a mal. Éviter de parler de sa douleur pour paraître "courageux", ou par crainte de déranger, est souvent une source de malentendus. Plus vous donnerez d'informations sur votre douleur à votre médecin, mieux il pourra vous aider. Ne craignez pas de l'interroger ainsi que le reste de l'équipe soignante.

Il est important de savoir faire apprécier l'intensité de sa douleur, sa variation tout au long de la journée et sa répercussion sur la vie de tous les jours. Habituellement, pour indiquer l'intensité de la douleur, on utilise par exemple les mots suivants : la douleur est "terrible", "insupportable", "très forte", "moins forte qu'hier", "supportable", "désagréable", etc.. . Ces qualificatifs sont utiles mais chaque personne les emploie différemment. Les mots pour décrire la douleur sont difficiles à employer et peuvent être trompeurs.

Dans le langage courant, on dit que certaines personnes sont "douillettes" tandis que d'autres sont jugées "dures au mal". Pour mieux apprécier l'intensité de la douleur, et surtout mieux communiquer cette information au médecin ou à l'infirmière, il est possible d'utiliser une échelle visuelle analogique. Le plus souvent, on utilise une réglette plastifiée pour laquelle vous trouverez des explications en cliquant sur les liens c-dessous en lecture sur le site du ministère de la santé.
 

Qu'est-ce qu'une échelle visuelle analogique (réglette) ?
A quoi sert la réglette ?
Comment utilise-t-on une réglette d'échelle visuelle analogique ?

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