Le cannabis

La composition de la fumée d'un joint de cannabis
est proche de celle d'une cigarette.
Mais elle contient plus de substances cancérigènes

Source : Groupe de travail tabacologie Languedoc Roussillon  - 09/05

Consommation de cannabis au cours de la grossesse

Le cannabis est- il plus dangereux que le tabac ?

La diminution du poids à la naissance et le risque de mort subite sont identiques pour le bébé d'une femme fumant régulièrement un joint à ceux observés pour le tabac.

Mais les risques du cannabis dépendent aussi :

  • de la présence de goudrons qui est supérieure à celle trouvée dans le tabac
  • du mode d'inhalation de la fumée du joint

Le cannabis est dangereux , voici quelques éléments qui le confirment :

  • Son mode d'inhalation permet une pénétration plus importante des produits.
     
  • Si l'on compare la manière dont on fume un joint à une cigarette, on aspire un plus grand volume de fumée :
     J’inhale un plus grand volume
     J’inhale pendant plus longtemps
     J’inhale plus profondément 
     Je garde plus longtemps la fumée dans les poumons
    + 66%
    + 60%
    + 33%
    multiplié par 5 

    Ce qui conduit à :
     un taux d’oxyde de carbone (C0) dans le sang multiplié par 5
     des quantités de goudrons multipliées par 3
     une déposition des goudrons dans les poumons plus importante.

     

    Et ceci est d’autant plus grave que la fumée de cannabis contient plus de goudrons que celle du tabac.

    Ce qui se traduit par un risque accru de malformations et de cancers chez l’enfant.

Fumer, quelque soit le produit,
est nocif pour le bébé

Source : extraits de "Grossesse et consommation de drogues : comment contrôler les risques?
Jean-Pier"re AUBERT, médecin généraliste, Claude LEJEUNE, chef de service de pédiatrie, Hôpital Louis Mourier (92 COLOMBES)
La Revue du Praticien Médecine Générale, 14; 485; 24/1/2000; 121-123
copyright: la Revue du Praticien-Médecine Générale
   

Consommation d'héroïne au cours de la grossesse

.../... La consommation d 'héroïne est associée à un taux élevé d'avortements spontanés (15 à 30% selon les séries), etd'accouchements prématurés (20 à 56% selon les séries). Le manque favorise les contractions utérines.

Tous les opiacés traversent le placenta. Après une prise d'opiacés par la mère, les taux sanguins s'élèvent très rapidement chez le foetus, ils décroissent beaucoup moins vite chez le foetus que chez la mère. Le retard de croissance intra-utérin touche 30% des nouveau-nés.

Le syndrome de sevrage intra-utérin s'accompagne d'émission méconiale, d'agitation foetale, d'augmentation des catécholamines dans le liquide amniotique, parfois de mort foetale in utero.

La mortalité périnatale est élevée (risque multiplié par 2 à 3, par rapport à un groupe témoin de même niveau socio-économique). Les troubles respiratoires, et notamment l'inhalation méconiale constituaient la première cause de mortalité du nouveau-né, jusqu'à peu. Ils sont aujourd'hui beaucoup mieux prévenus par la prise en charge précoce des patientes héroïnomanes.

Le syndrome de sevrage du nouveau-né apparaît après un intervalle libre variant de quelques heures à 10 jours (retardé en particulier en cas de polytoxicomanie impliquant des benzodiazépines et des barbituriques). Il associe irritabilité, hyperactivité, hyperexcitabilité, trémulations, mouvements anormaux, hypertonie, tachypnée avec parfois alcalose, apnées et diarrhée avec déshydratation.

Globalement, donc, la consommation d'héroïne au cours de la grossesse n'est pas, en soi, source de complications majeures ni pour la mère, ni pour l'enfant. Les complications obstétricales sont le fait des toxicomanies associées (tabac surtout, et alcool), du manque de suivi obstétrical, des difficultés psychologiques de la mère à accepter la situation de la grossesse et de la maternité. Une prise en charge globale, dans un climat d'accueil et de tolérance, est la première des conditions de la réduction de morbidité de ces grossesses.

Consommation de cocaïne et de crak au cours de la grossesse

la cocaïne a une grande toxicité pharmacologique au cours de la grossesse

  • Sur la mère

    La consommation de cocaïne est associée à une fréquence accrue d'un certain nombre de pathologies très sévères :
    - hématome rétroplacentaire,
    - rupture hépatique
    - pré-éclampsie et éclampsie
    - infarctus du myocarde
    - rupture utérine

  • Sur le foetus et le nouveau-né

    - Le taux de naissances prématurées est élevé chez les consommatrices de cocaïne ou de crack.
    - l'incidence des lésions viscérales serait augmentée, les principales anomalies portant sur la face, les membres, le coeur, le système nerveux central,
    - le nouveau-né souffre d'une augmentation de fréquence des problèmes neurologiques: lésions hémorragiques du système nerveux central, dilatation ventriculaire, atrophie cérébrale, hypodensités ou lésions kystiques de la substance blanche, convulsions néo-natales, troubles visuels,
    - d'autres anomalies, plus rares, ont été rapportées: tachycardie néo-natales transitoires, atrésies iléales, infarctus mésentériques, problèmes rénaux.
    - Le taux de mort subite du nourrisson est élevé (15%) chez les enfants exposés à la cocaïne pendant leur vie intra-utérine
    - La cocaïne passe dans le lait maternel

La grossesse chez la femme usagère de cocaïne
est donc une situation à risque majeur,
tant pour la mère que pour l'enfant.


Une prise en charge de ces patientes au cours de leur grossesse est indispensable, le suivi doit être très attentif, la communication avec la patiente devant être privilégiée, pour aboutir à un sevrage de la cocaïne et de ses dérivés, le plus tôt possible au cours de la grossesse.

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