Lettre des Actualités Périnatales N°10
2eme trimestre 2003
Editorial
L'augmentation de la prévalence de l'obésité infantile est préoccupante en raison de la gravité potentielle de cette pathologie et de la difficulté du traitement curatif dont les
résultats sont souvent décevants. Les obésités dues à la mutation d'un seul gêne codant pour certains neuropeptides impliqué dans le contrôle hypothalamique de la prise
alimentaire sont exceptionnelles mais des facteurs génétiques sont également impliqués dans l'obésité commune de l'enfant.
Les enfants obèses ont des ingestats quantitativement supérieurs à ceux des enfants non obèses, une désorganisation des repas est également fréquente, les erreurs alimentaires conduisant
à l'obésité s'acquièrent probablement très tôt dans la vie.
La prévention doit intervenir à deux niveaux complémentaires. Des recommandations ont été récemment publiées concernant la population générale visant à
réduire les facteurs favorisant la prise de poids en agissant notamment sur le respect des rythmes alimentaires, la diminution de la densité calorique de l'alimentation mais également la
réduction de la sédentarité. A l'échelon individuel, la prévention de l'obésité nécessite dans un premier temps le dépistage des enfants à risque,
permettant la mise en place de mesures préventives adaptées chez ces enfants.
Les enfants ayant un ou deux parents en surcharge pondérale sont à haut risque. Ceux dont l'âge de rebond de l'indice de masse corporelle (poids /
taille2), survient avant 6 ans, sont aussi à risque d'obésité ultérieure. L'enquête menée pour partie au niveau régional et pour partie dans le département de l'Hérault par
l'Observatoire Régional d'Epidémiologie Scolaire (O.R.E.S.) a mis en évidence un lien entre le poids de naissance et le développement d'un surpoids ultérieur. Le retard de croissance
intra-utérin expose à des conséquences métaboliques à long terme qu'il ne faut pas sous-estimer.
Les professionnels de la périnatalité sont donc concernés par la prévention de l'obésité au niveau général et individuel :
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Ils doivent promouvoir l'allaitement maternel et éviter une diversification trop précoce.
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Ils doivent aussi savoir soutenir les interactions précoces mère-enfant lors du temps d'alimentation : respecter le rythme alimentaire de l'enfant, ne pas interrompre prématurément la
tétée quand l'enfant est au sein, privilégier un attachement sécurisé à la mère, aider les parents dans un apprentissage alimentaire qui développe le goût acquis chez l'enfant.
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Ils doivent enfin, savoir reconnaître très tôt les premières manifestations de style alimentaire rapide retrouvées ultérieurement chez les sujets obèses : plus l'enfant tête fort
moins il prend de repas, plus l'adiposité sera importante, le « Vigourous Suckling Style » (V.S.S.) serait la première manifestation du style alimentaire rapide retrouvé chez les
sujets obèses.
Dr Françoise Montoya
Rédacteur en chef
Pédiatre - Unité de réanimation néonatale- CHU Arnaud de Villeneuve - Montpellier
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Articles
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Surpoids et obésité chez les jeunes enfants
Etude effectuée dans le département del'Hérault
Effets à long terme de la nutrition périnatale
Prévention de l'obésité :
reconnaître précocement l'enfant à risque
Obésité de l'enfant :
la nutrition au cours de la première année a-t-elle un impact ?
Alimentation du nourrisson et relations précoces
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