Lettre des Actualités Périnatales N°20/21
3eme trimestre 2005
1er trimestre 2006
Editorial
Le Comité éditorial a une pensée particulière pour le Docteur Françoise Montoya, rédacteur en chef, qui exceptionnellement n'a pas participé à ce
travail et à qui nous renouvelons tout notre soutien et notre amitié.
Pourquoi s'intéresser à la mortalité maternelle dans les suites de couche, alors même que cet événement est devenu exceptionnel dans les pays occidentaux?
Tout d'abord parce que le décès maternel Il constitue un drame humain tant pour la famille que pour les équipes périnatales. Ensuite, parce qu'il constitue un indicateur de la qualité de
l'organisation des soins en maternité.
Avec une mortalité située entre 9 et 13 pour 100 000 naissances, la France présente un taux important de mortalité maternelle en Europe. L'amélioration de cet indicateur constitue un des
objectifs de la Loi de Santé Publique du 9 Août 2004.
En Languedoc-Roussillon, cette mortalité a été réduite de 16 à 8 pour 100 000 naissances entre la fin des années 80 et le début des années 90. L'objectif de la Loi de Santé Publique est
de la réduire de moitié d'ici 2008 pour arriver à un taux de 5 pour 100 000.
Un comité national d'expert analyse depuis 1995 les dossiers de décès maternels en France. Les Hémorragies du Post Partum (HPP) sont la première cause de décès maternels (environ 1 décès
sur 10) et représentent la plupart (87%) des décès maternels évitables.
5 % des accouchements sont compliqués d'hémorragies.
1,3 % des accouchements sont compliqués d'hémorragies considérées comme graves ou très graves.
En novembre 2004, les Recommandations du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) ont précisé la place de la radiologie interventionnelle dans la prise en charge
des HPP. Elles introduisent en particulier des délais contraignant de recours à cette technique.
Nous avons choisi de consacrer les numéros 20 et 21 de la Lettre des Actualités Périnatales à cette thématique. L'objectif est de contribuer à optimiser les stratégies de prise en charge
obstétricale, de réanimation, de transfert... et de contribuer à en adapter la mise en œuvre aux réalités régionales (répartition des plateaux techniques, éloignement géographique
...).
Les articles reprennent essentiellement l'état d'avancement des réflexions en cours, à l'initiative de la Commission Régionale de la Naissance et du Réseau Périnatal Régional. Le Docteur
Estelle Morau est la coordinatrice de cette réflexion.
Après un rappel des données épidémiologiques et des recommandations du CNGOF, le travail régional concernant la prise en charge des HPP sera présenté dans toutes ses dimensions :
obstétricales, indications, conditions et limites d'un transport par le S.A.M.U, évolution des techniques chirurgicales, mise en œuvre de l'embolisation et expérience de centres de
niveau I et II dépourvus de plateforme de radiologie interventionnelle.
Trois idées fortes soutendent l'ensemble des articles :
ORIENTER précocement les femmes à risque maternel surajouté vers des maternités disposant d'un plateau technique
complet
ANTICIPER et même « SUR ANTICIPER » dans la
première heure, la gravité potentielle de toute hémorragie du post-partum
COORDONNER l'ensemble des procédures dans les délais préconisés en les adaptant aux réalités locales.
Dr Michel GREMY
Médecin Inspecteur de Santé Publique -DRASS Languedoc-Roussillon
Pr Jean-Charles Picaud
Président du Comité Editorial, président du GEN-LR
|