Lettre des Actualités Périnatales N°16
4eme trimestre 2004
Editorial
Les progrès actuels de l’analgésie font que la douleur est un sujet que l’on appréhende moins d’aborder. La douleur en obstétrique considérée longtemps comme « le prix à
payer au moment de la naissance», n’est plus à l’heure actuelle le postulat de l’accouchement. La douleur obstétricale a pendant longtemps été la seule prise en
considération, actuellement il est plus juste de parler de douleur périnatale.
Certaines douleurs dont on parle moins qui néanmoins sont très invalidantes et dont les conséquences individuelles et familiales peuvent être importantes, sont les douleurs liées à
l’état de grossesse et les douleurs dans le post-partum.
Mieux appréhendées dans leurs mécanismes, elles doivent être recherchées et reconnues. La douleur périnatale ne peut se réduire à la seule composante somatique. Il faut pouvoir et savoir
apporter une écoute et une réponse adaptée. C’est le domaine de plusieurs compétences. L’écoute pendant la grossesse, les séances de préparation à la naissance sont le garant
d’une prise en charge individualisée et efficace quelque soit l’interlocuteur.
L’analgésie, doit savoir anticiper la douleur avant même qu’elle ne s’exprime. Les professionnels ont des compétences complémentaires pour apporter des solutions
personnalisées en évitant le cloisonnement.
Jacques Dubourdieu dans son article sur "Douleur et obstétrique" témoigne de cette ouverture et de cette
complémentarité entre les techniques d’analgésie médicamenteuses et les techniques d’analgésie par hypnose, sophrologie ou acupuncture.
De la même façon, les articles "Douleurs liées à l’état de grossesse" et "Douleurs dans le post partum" de
l’équipe obstétricale du Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes, sont conjointement rédigés par obstétriciens, acupuncteur, rééducateur et ostéopathe.
Parfois la composante relationnelle peut rendre nécessaire le recours aux compétences spécifiques du psychologue ou du psychiatre qui restera en lien avec l’équipe périnatale,
c’est le thème abordé par Rose Marie Toubin. La prise en charge de la douleur périnatale est nécessairement dépendante de la personnalité, des désirs et des besoins de la patiente
qu’il faut savoir écouter.
Longtemps niée, la douleur chez le nouveau-né et en particulier chez le nouveau-né prématuré est maintenant reconnue ainsi que ses conséquences potentielles à long terme qui exigent
qu’elle soit prise en charge, sujet qu’aborde le docteur Ricardo Carbajal (Centre National des Ressources de Lutte contre la Douleur) dans
l'article "La douleur chez le nouveau-né". Les procédures de soutien comportemental développées dans le cadre des soins
individualisés de développement (programme NIDCAP) associées à l’utilisation de solutions sucrées ne doivent pas être réservées aux seuls services de pédiatrie néonatale mais être
largement utilisées en maternité.
Le traitement pharmacologique de la douleur du nouveau-né qui est très protocolisé dans les unités de pédiatrie néonatale de niveau III, a aussi sa place dans les unités de niveaux II et
I : les référentiels de pédiatrie en maternité réalisés par le groupe des pédiatres du Languedoc Roussillon mis en ligne sur le site de www.perinat-lr.org, en témoignent.
Chaque professionnel doit être renseigné par rapport aux différentes techniques proposées et existantes. Il doit savoir s’informer auprès des personnes ressources en région.
La prise en charge de la douleur de la mère et du nouveau-né
concerne chacun des acteurs de santé de la périnatalité,
pluridisciplinarité et formation sont indispensables.
Dr Françoise Montoya
Rédacteur en chef
Pédiatre - Unité de réanimation néonatale- CHU Arnaud de Villeneuve - Montpellier
|