3 - Unité kangourou, soins de développement, peau à peau |
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Unités kangourou, soins de développement, peau à peau
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Une définition unique des « soins de développement » n'existe pas. De par le monde cette phrase à un sens différent selon son utilisateur. On peut de manière globale les définir ainsi : ils concernent un ensemble d'interventions destinées à favoriser le développement harmonieux du prématuré. Ces interventions concernent trois champs :
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La pratique de soins infirmiers centrés sur
l'enfant signifie que le rythme des soins est dicté dans le plus souvent par l'enfant et non par le rythme et l'organisation du soignant.
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Les stratégies
environnementales et comportementales sont diverses.
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Certaines peuvent être réalisées de manière non individualisée : limitation du bruit, réduction des stimulations douloureuses.... D'autres le sont de manière individuelle en fonction des besoins observés et selon le stade de maturation de l'enfant : bercement, soutien postural, cycle jour nuit.... Par exemple un nouveau-né de 6 mois 28 SA n'aura pas les mêmes besoins de cycle jour/nuit qu'un nouveau-né de 5 jours né à terme.
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Les
interventions basées sur la famille permettent que les parents ne soient plus de simples visiteurs de leur enfant mais de réelles personnes actives et soutenantes. Très tôt en
quelques jours ils sont invités, sont valorisés, soutenus pour réaliser chez leur enfant stabilisé les soins corporels. Par exemple, ils pourront dès quelques jours de vie chez un enfant stabilisé
né à 28 SA, pesant 1000g réaliser des soins tel que les soins des yeux, de la bouche, le change.... Tout au long du parcours de l'enfant ils sont soutenus à découvrir et mieux comprendre les
besoins de leur enfant. Ils sont invités à prendre leur place, leur rôle de parent. Pendant tout le séjour ils sont le tuteur, le fil conducteur auquel se raccroche l'enfant. Bien souvent ils
arrivent à une connaissance fine des réactions de leur enfant, ce que n'a pas toujours une puéricultrice qui s'occupe de l'enfant ponctuellement et de manière intermittente au cours de la
semaine.
Initialement décrits pour le soutien du développement cérébral de l'enfant très prématuré cette conception des soins est applicable aussi pour le nouveau-né à terme.
En savoir plus sur les soins de développement
On ne peut
parler des « unités dites kangourous » sans revenir à l'origine.
A l'hôpital de Bogota (capitale de la Colombie), à partir de 1979, en raison d'une surmortalité et d'un grand nombre d'abandon par leurs parents des enfants nés prématurément ou de petit poids, le Dr Gomez et son équipe ont développé la « Méthode Kangourou ». Cette méthode offrait une alternative à l'incubateur. Elle favorisait l'allaitement maternel et permettait aux parents d'investir leur rôle de parents responsables et actifs.
Cette alternative aux soins classiques était réalisée dans des conditions strictes de surveillance, avec des familles adhérant aux modalités de soins et de suivi. Les critères étaient et restent les suivants : familles volontaires, résidantes à Bogota, enfant ayant la maturité suffisante pour respirer seul (avec ou sans oxygène), pour téter seul au sein, coordonnant succion respiration déglutition. Par exemple, un enfant de 1450g âgé de 33 SA répondant aux critères précédents, pouvait rentrer à la maison et être suivi selon le programme de la « méthode kangourou ». L'enfant était positionné verticalement entouré dans une bande de jersey contre le torse de sa mère ou de son père 24h sur 24. Le parent restait 24H sur 24 en position debout ou demi-assise. L'enfant était alimenté par sa mère au sein. Les parents étaient attendus pour faire le point, peser l'enfant tous les jours à la consultation de suivi à l'hôpital. L'enfant restait positionné ainsi jusqu'à ce qu'il montre une maturité suffisante pour ne plus vouloir rester 24h sur 24 porté en kangourou.
La communauté internationale a découvert cette méthode, après la parution des résultats de l'équipe du Dr Gomez dans une grande revue médicale « The Lancet » en 1985.
Dès lors, dans les pays ou les moyens techniques dans les unités de réanimation néonatale ne faisaient pas défaut, cette méthode a été reprise dans une version très limitée : le portage en peau à peau de l'enfant très prématuré par son parent pendant un temps limité dans la journée. Ainsi était favorisé par la redécouverte du lien physique, le rapprochement mère-enfant. Par la suite de nombreuses études ont montré ; lorsque cette pratique était réalisée de manière adaptée : enfant stabilisé sur le plan vital, minimum environ 1 heure 30 ; des bénéfices sur la maturation de l'enfant prématuré.
Dans l'idée du rapprochement mère enfant afin de limiter la séparation, s'est ouverte en 1987 en France à l'hôpital Antoine Béclère à Clamart la première « unité dite kangourou ». Le nouveau-né restait en couveuse dans la chambre de la mère en maternité. Celle ci restait hospitalisée aussi longtemps que durait le séjour de l'enfant. Etaient admis dans cette unité les enfants stables sur le plan respiratoire de plus de 1500g et de plus de 31SA.
Par la suite en France, de nombreuses « unités dite kangourou » se sont développées sur le modèle de la non séparation mère enfant. Non séparation d'un enfant qui classiquement de part son état aurait été séparé de sa mère car hospitalisé seul en unité de néonatalogie.
Il n'existe pas de définition précise d'une unité kangourou en France. A ce jour le nombre « d'unités dites kangourou » n'est pas répertorié de manière exhaustive. Leurs modalités de fonctionnement est très variable. Certaines sont situées en maternité, d'autres en néonatologie. Certaines pratiquent le peau à peau de manière intermittente, d'autres le pratique au minimum 12h sur 24 et l'acceptation par la mère de cette condition est un préalable à l'admission de l'enfant dans l'unité.....
L'« unité dite kangourou » veut limiter la séparation mère enfant liée à l'état de santé du nouveau-né. Ces unités ne pratiquent pas la « méthode kangourou » au sens complet Colombien du
terme : sortie à un âge assez prématuré de l'enfant avec peau à peau 24h sur 24, position demi-assise du parent 24h sur 24, allaitement maternel et consultation journalière de suivi à
l'hopital.
Néanmoins tend à se développer dans ces unités une approche favorisant non seulement une non séparation mère enfant mais aussi un contact cutané prolongé chez des enfants de petits poids et
prématurés ce qui n'était pas envisageable il y a encore une quinzaine d'année dans notre pays.
En savoir plus sur la méthode Kangourou
Source : service de néonatalogie - pédiatrie II - Evelyne Mazurier - pédiatre
néonatalogiste
CHU de Montpellier : Arnaud de Villeneuve - juillet 2008
Peau à peau
Conclusion
Source : Etude de la méthode du peau à peau en région Pas-de-Calais
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